Portrait de Créateur :

Suisse de cœur et marseillaise d’adoption, Josy Buhr suit une formation en arts décoratifs complétée de cours du soir des beaux-arts de Luminy.
Pendant longtemps elle se consacre à la décoration d’intérieur et à la peinture sur soie, travaillant chez elle, puis ouvrant boutique au 5 de la rue Saint Jacques.

Elle aborde ensuite, grâce à l’enseignement d’une école de coupe et couture, l’univers du prêt à porter féminin, créant pour cela un nouveau magasin (au rez-de-chaussée du 2 rue Saint Jacques) où elle accueille durant dix ans, clientes de passage et adeptes du sur mesure.

Trop créative pour se cantonner à un domaine, la styliste décide enfin, après quelques années, de se spécialiser dans les tenues de cérémonie et de robes de mariée.
Pour elle, le premier entretien est capital; la communication, entre styliste et future mariée, doit être immédiate.
Pour cela, chacune fait preuve d’imagination et au fil des différents essayages, la jeune femme finit par révéler une image d’elle même souvent insoupçonnée.
Ce sont bien ces émotions partagées, ces moments de grâce où la métamorphose s’annonce et se prépare, qui motivent et nourrissent l’imaginaire de Josy Buhr.

Par son amour des transparences et son don de la légèreté, la voici qui emprunte à l’univers raphaëllique ses thèmes de prédilection : en 2005, la femme fleur inspire ses collections, tour à tour terrienne, décolletés profonds, bustiers lacets dans le dos, taille soulignée, et comme désincarnée du fait des matières, crêpe, organza, mousseline, tulle, guipure, qui l’habille… Aujourd'hui, c'est dans la féerie que Josy Buhr puise son talent de créateur.



HISTOIRE D’UNE STYLISTE,… UN PEU ARTISTE

Il était une fois  dans une petite boutique de province, une styliste (un peu artiste), amoureuse de chiffons et passionnée de créativité et de mode. Ses robes sortaient tout droit de contes de fées. Elle rêvait de faire de toutes les femmes des princesses.

Les tissus n’étaient jamais assez beaux, chatoyants, riches. La soie, les organdis, les tulles, toutes les matières légères étaient ses tissus préférés.  Elle les teignait, les coupait selon sa fantaisie. Il fallait que ses créations soient toujours plus belles.

Souvent elle pensait à VIONNET, à CHANEL. PARIS la faisait rêver, et elle s’y voyait plus tard.  Il fallait que  son nom soit diffusé dans le monde entier. Il fallait sortir de son trou! Son ambition démesurée lui donnait un tel courage qu’elle à tout mis en œuvre pour y arriver, allant souvent au delà de ses possibilités.

Grâce aux encouragements de gens du métier qu’elle rencontra, elle décida de créer sa marque et de la diffuser. Pour cela il FALLAIT présenter des collections "dites commerciales", ce qui voulait dire: oublier  ses rêves et beaucoup d’autres choses...! Elle avait bien compris la démarche.

Et la voila partie, toute seule, dans tout ce que cela implique, choix des matières, choix des modèles, apprendre à cibler sa clientèle, étudier les coûts, se restreindre dans sa créativité, présenter ses collections dans les salons de prêt-à-porter, aller à droite, aller à gauche : prendre des commandes étant l’unique objectif. Et surtout, il FALLAIT faire fabriquer pour bien honorer ses commandes… ce qui au demeurant était la plus grosse difficulté. Les commandes arrivaient, arrivaient. Elle s’agitait dans tous les sens à en perdre toute notion d’exister, de penser, de rêver, de manger et même de dormir. Elle passait son temps à courir après l’argent pour simplement pouvoir continuer… pour arriver, arriver… Les années passaient, passaient… plus elle avançait, plus tout devenait plus compliqué.

Un jour, toute seule dans sa petite boutique, harassée, fatiguée, déprimée, enfin au plus bas, se rendant compte que finalement elle était arrivée à diffuser, un peu sa marque, mais à quel prix!

Avec beaucoup d’amertume et de tristesse, elle constata que tout cela ne lui convenait pas du tout et qu’il fallait vite arrêter pendant qu’il était encore temps. Se battre contre des moulins à vent, quand on n’était pas fait pour cela, vous enlevait une partie de vous-même.

Après tout cela, son unique objectif, était de pouvoir se retrouver, avec sa sensibilité d’artiste, avec ses rêves ses émotions, et surtout sa créativité, (qui avait quelque peu souffert).

Et l’histoire n’est pas finie, elle continue.

Maintenant  plus tranquille, elle se consacre à sa vraie passion. Apporter du rêve, de la poésie, de l’émotion, et transformer en princesse, toutes celles qui lui font confiance. Elle est aux anges. Elle a perdu quelques années, mais il faut croire qu’il fallait passer par là.

Les artistes par leur irrationalité, leur extrême sensibilité, leur gout de la nature, leur sens de la beauté, font d’eux des êtres un peu fou, mais leur folie adoucit notre vie.

En conclusion: Essayons de sortir de la norme et en toute occasion restons maître de nos idées et gardons notre propre sens de la vie.


JOSY BUHR